Supply Chain & Cybersécurité : comment protéger votre chaîne de valeur industrielle ?
Introduction
La digitalisation a propulsé la Supply Chain dans une nouvelle dimension : plus rapide, plus prédictive, plus automatisée. Mais cette transformation numérique s’accompagne d’une multiplication des risques cyber. Les flux de données, les connexions systémiques entre ERP, WMS, TMS, et les dépendances logicielles tiers (SaaS, API, open source) ouvrent de nouvelles brèches exploitables par les cybercriminels.
En 2025, les attaques supply chain ont doublé par rapport à l'année précédente. “Début 2026, les rapports du CERT-FR (Cyber Threat Overview 2024) et de l’ENISA (ENISA Threat Landscape 2025) confirment une intensification des cybermenaces sur les systèmes industriels. Pour les directions Supply Chain, Achats, Logistique et Opérations, la cybersécurité n’est plus un enjeu secondaire mais un sujet de gouvernance.
Dans ce dossier, nous faisons le point sur les menaces actuelles, les conséquences concrètes des attaques, les compétences à intégrer en 2026, les exigences réglementaires, et les tendances à anticiper pour protéger durablement votre chaîne de valeur.
1. Pourquoi la Supply Chain est-elle devenue une cible prioritaire des cyberattaques ?
Une chaîne logistique hyper-connectée
L’évolution technologique de la Supply Chain l’a rendue plus efficace, mais aussi plus exposée. Chaque maillon est désormais dépendant d’outils digitaux (ERP, TMS, APS, WMS, etc.) interconnectés, reposant souvent sur des technologies SaaS, des API ou des composants open source. Cette complexité technique engendre de multiples points de vulnérabilité.
La chaîne logistique : vecteur d’accès indirect
Les attaquants exploitent ces interconnexions pour accéder à des entreprises via leurs fournisseurs, partenaires logistiques ou prestataires informatiques. En 2025, 76 % des cyberattaques industrielles ont transité par un tiers non suffisamment sécurisé.
Exploitation des failles humaines et organisationnelles
Les erreurs humaines (clic sur un lien de phishing, mauvaise gestion des droits d’accès, mots de passe faibles) constituent encore l’un des premiers vecteurs d’intrusion. La formation continue reste insuffisante, notamment dans les fonctions logistiques, souvent moins formées que les fonctions IT.
Dérégulation et sous-investissement historique
Les directions Supply Chain ont longtemps été tenues à l’écart des discussions cybersécurité, reléguant la gestion des risques au seul périmètre de la DSI. En 2026, cela change, mais les retards accumulés restent visibles dans l’organisation, les process et les outils.
2. Quelles sont les conséquences concrètes d’une attaque cyber sur la Supply Chain ?
Rupture opérationnelle
Une attaque sur un WMS peut paralyser un entrepôt entier. Sans accès aux stocks, aux commandes ou aux données de transport, les expéditions s’arrêtent. En 2025, plusieurs industriels français ont subi des arrêts d’activité de plusieurs jours, entraînant des retards majeurs sur les flux clients.
Détérioration des relations clients et partenaires
Un incident cyber mal géré peut engendrer la perte de confiance de clients stratégiques ou de distributeurs. La transparence et la rapidité de réaction deviennent alors critiques dans les relations B2B.
Pertes économiques directes et indirectes
Les pertes s’élèvent souvent à plusieurs centaines de milliers d’euros, voire des millions dans les cas de ransomware paralysant les flux critiques. S’ajoutent à cela des coûts de remédiation, d’audit, et de sécurisation post-crise.
Sanctions réglementaires
Avec l’entrée en vigueur du Cyber Resilience Act, un règlement européen qui impose des normes de cybersécurité aux produits numériques, les entreprises doivent prouver leur conformité en matière de sécurité numérique. Des défaillances peuvent mener à des amendes, à des obligations de remédiation ou à une perte d’éligibilité à certains marchés publics.
3. Comment protéger efficacement sa chaîne logistique en 2026 ?
Piloter une gouvernance cyber spécifique à la Supply Chain
Il est impératif de créer un comité de pilotage transversal regroupant DSI, direction Supply Chain, achats et juridique pour gérer les risques cyber liés aux partenaires et aux systèmes.
Mettre en place des outils adaptés
- Cartographie dynamique des flux IT/OT
- Suivi temps réel des vulnérabilités logicielles
- Authentification multifacteur (MFA) généralisée
- Plan de réponse à incident testé et mis à jour tous les semestres
Sécuriser les relations fournisseurs
Inclure des clauses de cybersécurité dans les contrats (obligations de conformité, reporting d’incidents, audits réguliers). Mettre en place une notation cyber des tiers (TPRM) avec des outils comme UpGuard ou Panorays.
Renforcer la culture interne
Former les équipes opérationnelles aux gestes de cybersécurité du quotidien : vérification d’expéditeurs, gestion des mots de passe, détection des comportements suspects. Intégrer la sensibilisation cyber dans l’onboarding logistique.
3 bis. Focus métier : Responsable TPRM, un profil clé en 2026
Le rôle de Responsable TPRM (Third Party Risk Management) est devenu central dans la prévention des cyberattaques liées aux partenaires externes. Ce poste, encore émergent en 2023, s’est largement imposé en 2025 et 2026 dans les grandes structures industrielles et les ETI à forte exposition logistique.
Missions principales
- Cartographier et catégoriser les fournisseurs selon leur niveau de criticité
- Mettre en place une politique d’évaluation continue des risques cyber tiers
- Élaborer des questionnaires de sécurité, des audits périodiques, et des scénarios de gestion de crise
- Collaborer avec les achats, la DSI et la direction juridique pour sécuriser contractuellement les relations
Compétences requises
Le/la Responsable TPRM doit posséder une excellente compréhension des enjeux IT, mais aussi de la chaîne d’approvisionnement. La capacité à vulgariser les enjeux techniques, à convaincre les fournisseurs d’adhérer à des standards exigeants, et à formaliser les process est essentielle.
Pourquoi ce poste devient incontournable ?
Avec la multiplication des exigences clients et réglementaires, notamment avec la directive NIS2 qui impose des obligations renforcées de gestion des risques cyber, y compris au niveau des chaînes d’approvisionnement, les entreprises doivent prouver qu’elles maîtrisent leurs relations fournisseurs à tous les niveaux, y compris la cybersécurité. Le TPRM devient ainsi une fonction à fort impact stratégique
4. Recruter les bons profils pour une chaîne résiliente : les compétences clés en 2026
Chez Lynkus, nous accompagnons les directions industrielles dans le sourcing de ces talents rares. Nous observons également une forte tension sur les profils alliant sensibilité technique, esprit d’analyse et capacité à travailler en interface avec la DSI. Pour explorer nos accompagnements, découvrez nos solutions de recrutement.
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Conclusion
En 2026, la cybersécurité de la Supply Chain n’est plus un enjeu technique, c’est un facteur de compétitivité. Proactivité, anticipation, recrutement stratégique et travail transversal sont les clés d’une chaîne logistique sûre, fiable et conforme.
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